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Décret n°2026-345 du 7 mai 2026 : quelles conséquences pour les employeurs et les services RH ?

Rédigé par Juliette | 26 juin 2026 14:09:37

Depuis 2023, les règles relatives à la retraite continuent d'évoluer. Après la réforme ayant relevé progressivement l'âge légal de départ, plusieurs ajustements sont venus préciser ou modifier certains dispositifs. Pour les entreprises, cela signifie une nécessité permanente de suivre l'actualité réglementaire afin d'anticiper les impacts sur la gestion des carrières et des départs à la retraite.


Retraite : un décret attendu par les employeurs

Publié au Journal officiel le 8 mai 2026, le décret n° 2026-345 du 7 mai 2026 apporte les précisions attendues pour l'application de l'article 105 de la LFSS 2026. Son objectif : adapter plusieurs dispositifs de retraite anticipée, notamment pour les salariés en carrière longue et les travailleurs handicapés.

Si ce texte s'adresse d'abord aux assurés, ses conséquences concernent directement les employeurs, les responsables RH et les gestionnaires de paie. Anticipation des départs, gestion des compétences, accompagnement des collaborateurs : les entreprises devront intégrer ces nouvelles règles dans leur organisation.

Pourquoi ce décret était-il nécessaire ?

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a modifié plusieurs mécanismes issus de la réforme des retraites. Toutefois, certaines dispositions restaient incomplètes sans mesures réglementaires d'application.

C'est précisément l'objet du décret n° 2026-345 du 7 mai 2026. Ce texte détaille les nouvelles règles applicables aux dispositifs de retraite anticipée, notamment pour les carrières longues et les travailleurs handicapés. Il permet ainsi aux caisses de retraite, aux employeurs et aux assurés de disposer d'un cadre opérationnel clair à compter du 1er septembre 2026.

Sa publication était particulièrement attendue. Sans décret d'application, les caisses de retraite ne peuvent pas mettre en œuvre concrètement les nouvelles dispositions, les outils de simulation ne peuvent pas être actualisés et les employeurs comme les salariés manquent de visibilité sur les conditions exactes de départ à la retraite.

Carrières longues : des ajustements attendus


Le principal volet du décret porte sur le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue.

Ce mécanisme permet aux personnes ayant commencé à travailler très jeunes de partir avant l'âge légal sous certaines conditions de durée d'assurance.

Depuis plusieurs années, ce dispositif fait partie des sujets les plus sensibles en matière de retraite. Les salariés concernés cherchent à connaître avec précision leur date de départ potentielle, tandis que les employeurs tentent d'anticiper les mouvements de personnel qui en découlent.

Le décret ajuste plusieurs paramètres afin de tenir compte des évolutions introduites par la LFSS 2026.

 

  • Un nouveau calendrier pour les départs anticipés

L'une des principales nouveautés du décret réside dans la publication de nouveaux tableaux fixant les âges de départ anticipé pour les assurés relevant du dispositif carrière longue. Ces tableaux précisent, génération par génération, les conditions applicables en fonction de l'âge de début d'activité.

Concrètement, les assurés nés entre 1961 et 1970 disposent désormais d'un cadre clair leur permettant d'identifier leur âge d'ouverture des droits. Cette clarification était particulièrement attendue par les futurs retraités, mais aussi par les employeurs et les organismes de retraite, qui pourront désormais s'appuyer sur des règles stabilisées pour instruire les dossiers et mettre à jour leurs outils de simulation.

Consultez le tableau complet dans le texte officiel du décret : Publications officielles - Journal officiel - Légifrance

 

  • Une vigilance accrue sur la carrière déclarée

Comme auparavant, l'accès au dispositif reste conditionné à une durée minimale de trimestres cotisés.

Pour les entreprises, cette exigence rappelle l'importance de la qualité des données sociales transmises tout au long de la carrière du salarié.

Une erreur déclarative ancienne peut parfois avoir des conséquences significatives lors de la reconstitution des droits à la retraite.

 

  • Travailleurs handicapés : une évolution des règles de départ anticipé

Le décret modifie également les conditions applicables aux travailleurs handicapés souhaitant bénéficier d'un départ anticipé.

Cette population présente souvent des parcours professionnels plus complexes, marqués par des interruptions d'activité ou des périodes d'aménagement de poste.

Les pouvoirs publics ont donc souhaité adapter certaines exigences afin de mieux prendre en compte ces situations.

 

  • Des durées d'assurance révisées

Le texte ajuste les durées d'assurance cotisée exigées pour accéder au dispositif.

Cette évolution vise à faciliter l'accès à la retraite anticipée pour certains assurés tout en maintenant un cadre juridique sécurisé.

Pour les salariés concernés, ces nouvelles dispositions peuvent modifier les projections de départ établies jusqu'à présent.

 

  • Une meilleure lisibilité des dispositifs

Les règles relatives à la retraite anticipée des travailleurs handicapés ont longtemps été perçues comme complexes.

L'un des apports du décret est de clarifier plusieurs points d'application afin de réduire les difficultés d'interprétation rencontrées par les assurés, les employeurs et les organismes de retraite.

 

Quels impacts concrets pour les entreprises ?


À première vue, ce décret pourrait sembler éloigné des préoccupations quotidiennes des employeurs. Pourtant, ses effets seront bien réels dans les mois à venir.

 

1. Revoir les prévisions de départ à la retraite

De nombreuses entreprises s'appuient sur des projections démographiques pour anticiper les départs de leurs collaborateurs.

Les nouvelles règles peuvent conduire certains salariés à partir plus tôt ou plus tard que prévu.

Dans les secteurs confrontés à des tensions de recrutement ou à des enjeux de transmission des savoir-faire, quelques mois d'écart peuvent avoir un impact significatif sur l'organisation.

2. Adapter les politiques de gestion des compétences

Les départs à la retraite constituent un enjeu majeur de gestion des talents.

Lorsqu'un collaborateur expérimenté quitte l'entreprise, la question du transfert des compétences devient essentielle.

Les entreprises ont donc intérêt à actualiser leurs plans de succession et leurs dispositifs de tutorat afin d'intégrer les évolutions introduites par le décret.

3. Renforcer l'accompagnement des salariés

Les équipes RH sont souvent les premières sollicitées lorsqu'un collaborateur s'interroge sur sa future retraite.

Dans ce contexte, il est recommandé de mettre à jour les supports d'information internes et de sensibiliser les gestionnaires RH aux nouvelles dispositions.

Une communication claire permet d'éviter les incompréhensions et de sécuriser les parcours de fin de carrière.

4. Quels enjeux pour les professionnels de la paie ?

Même si le décret ne modifie pas directement les modalités déclaratives de la DSN, il rappelle l'importance stratégique de la qualité des données sociales.

Les droits à la retraite sont calculés à partir des informations déclarées tout au long de la carrière.

Chaque événement de paie contribue donc à la constitution des droits futurs du salarié.

Les gestionnaires de paie ont un rôle essentiel dans cette chaîne de fiabilisation.

Une vigilance particulière doit être portée aux situations suivantes :

    • périodes d'activité à temps partiel ;
    • arrêts de travail ;
    • périodes assimilées ;
    • changements de statut ;
    • régularisations rétroactives.

Une donnée erronée peut parfois n'être détectée qu'au moment de la liquidation de la retraite, plusieurs années après son enregistrement.

 

Les points de vigilance pour 2026 et 2027

 

À court terme, plusieurs actions peuvent être envisagées par les entreprises.

D'abord, identifier les salariés susceptibles d'être concernés par un départ anticipé au titre des carrières longues ou du handicap.

Ensuite, actualiser les outils de projection RH afin d'intégrer les nouvelles règles applicables à compter du 1er septembre 2026.

Enfin, renforcer la sensibilisation des équipes RH et paie sur les évolutions réglementaires en matière de retraite.

Cette anticipation permettra de limiter les risques d'erreur et de mieux accompagner les collaborateurs dans leurs démarches.

Ce qu'il faut retenir

 

Le décret n° 2026-345 du 7 mai 2026 marque une nouvelle étape dans l'évolution du système de retraite français.

En précisant les modalités d'application de l'article 105 de la LFSS 2026, il adapte les dispositifs de retraite anticipée pour les carrières longues et les travailleurs handicapés tout en harmonisant les règles applicables à différents régimes.

Pour les employeurs, les principaux enjeux concernent l'anticipation des départs, la gestion des compétences et la fiabilisation des données sociales.

Dans un contexte où les règles de retraite continuent d'évoluer, une veille réglementaire active et une collaboration étroite entre les équipes RH et paie demeurent indispensables pour sécuriser les parcours des salariés et préparer efficacement les transitions de carrière.

 

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